Ma nouvelle vie Bio-Pesticidé(e)

Accrochez-vous : la campagne, ça gaz…

Bonjour à tous !

Je vous place brièvement dans le contexte :

Vie de dingue 👉 Craquage 👉 Vente de tout 👉 Déménagement à la campagne 👉 Animaux 👉 Jardin bio 👉 Vie plus cool 👉 Bonheur 😊.

Voilà pour l’intro.

On débarque donc dans une magnifique propriété en pleine campagne, au calme, loin de tout, entourée de grands champs de céréales, cultivés conventionnels. Conventionnel, c’est le terme mignon pour dire pas, mais alors pas du tout bio. Plutôt même l’extrême opposé.

Mais ça on ne le savait pas. Jusqu’au jour où, en fin d’après midi, mes enfants rentrent du jardin en se plaignant de fortes irritations aux yeux et à la gorge… Effectivement, en sortant je subis la même chose et vois mon sympathique voisin en train d’arroser son champ, nos 11 chevaux et notre potager « bio » d’un joli liquide rose fluo. Je brave le nuage toxique et stop son tracteur. Première rencontre avec le voisin, ça sent bon…

Il sort de sa cabine bien pressurisée, à l’abri de l’air mais pas de la lumière, où il mangeait un sandwich tout en écoutant la radio (et tout en nous arrosant de sa barbe-à-papa infecte ).

« Bonjour ( je me présente, Jul, nouveau propriétaire bla-bla-bla ). Pourriez vous nous dire ce que vous pulvérisez ? Parce que là, ma famille, les animaux et moi en prenons une sacrée dose, les enfants toussent et les yeux nous brûlent. »

« Ah ça ? bah ça c’est rien ! C’est juste un petit truc pour les champignons de blés… Mais d’toutes façons cette année y’en aura pas. Je traite au cas où… »

En gros il venait de me dire qu’il traitait pour rien, et que ce petit produit n’était rien du tout à coté des autres traitements habituels… Ça promet…

Au centre de la propriété, nous avons un puit. C’est une aubaine ! Jusqu’à ce que la pulvérisation du « petit truc » sur le blé ne me donne l’idée de faire tester l’eau, qui arrose notre jardin peut être encore « bio »… Surprise ! Il y avait bien un peu d’eau au milieux des nitrates, fongicides, engrais, pesticides et insecticides. Quelle chance !

Je comprends mieux pourquoi la voiture à perdu toute sa couleur au premier lavage… 😕

Je me renseigne donc un peu sur le sujet, sachant que d’énormes fonds sont alloués à la dépollution de l’eau douce chaque année. Effectivement, j’apprends que l’état et surtout l’Europe investissent des millions dans des projets hypers modernes de dépollution chaque année. Mais ou ils n’aboutissent pas, ou ne fonctionnent pas. L’argent lui disparaît.

Bref. L’ Etat n’ayant plus le temps ni l’argent à consacrer à ce genre de petits problèmes (il faut bien subventionner les agriculteurs pour qu’ils puissent s’offrir leur quelques tonnes annuelles de produits phytos) Ils repassent la patate chaude aux communautés de communes, qui se rabattent sur les agriculteurs, qui eux n’ont plus d’argent pour dépolluer car ils dépensent déjà trop pour polluer…

Résultat, ce sont les communes qui doivent surfacturer l’eau aux particuliers (à nous ! je rêve !!!) les surcoûts de dépollution, qui retournent à l’état pour de grands projets qui n’aboutissent pas, mais j’imagine enrichissent du monde…

Le mot de la fin ? J’en ai une bonne.

En discutant avec mon gentil voisin, il m’a dit :

« De toute façon, on en mettra de plus en plus de la merde dans les champs. Les acheteurs (grande distribution, industriels) en veulent toujours plus et toujours plus vite pour toujours moins cher. Si c’est pas nous qui le faisons, ils achèteront en Ukraine ou en Roumanie et nous on va crever. »

Sur ce, il est tard, j’ai bu ma tisane bio, je vais me coucher.

N’hésitez pas à commenter et partager, si vous en voulez d’autres, j’en ai ! Bonsoir à tous.

Jul MiCo

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Véronique Bonnet
Invité
Véronique Bonnet

Alors là, à fond avec vous … l’arbre cache la forêt comme d’habitude. Attirer l’attention d’un côté pour agir de l’autre; la technique du magicien, ou du pick-pocket, au choix. Donc les aides au bio disparaissent pendant qu’une pression individuelle et sociétale demande de mieux manger, que l’Europe continue à financer les fabriques de blancs de poulets de batterie et autres délices dénués de nutriments valables, des agriculteurs et consommateurs en otage au milieu, et un système de santé qui promet d’accompagner les cancers en recrudescence. A quand l’accompagnement crédible pour passer en agriculture de conservation a minima? Bonne journée… Lire la suite »

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