La nature du travail évolue à la vitesse de l’éclair.
Aujourd’hui -peut-être plus que jamais-, le stress au travail constitue une menace pour la santé des travailleurs et, par ricochet, pour la santé des entreprises.
Cette publication met en évidence les connaissances sur les causes du stress au travail et décrit les mesures qui peuvent être prises pour identifier, évaluer et prévenir le stress professionnel.
Si vous connaissez des personnes qui souffrent dans le cadre de leur travail, n’hésitez pas à leur faire passer une copie de cet article. Face à ce fléau, des solutions existent et la résistance doit s’organiser.

Une Définition du Stress au travail
D’après l’Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au
travail , le stress « survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la
perception qu’une personne a des contraintes que lui impose
son environnement et la perception qu’elle a de ses propres
ressources pour y faire face.
Bien que le processus d’évaluation des contraintes et des
ressources soit d’ordre psychologique, les effets du stress ne
sont pas uniquement de nature psychologique. Il affecte
également la santé physique, le bien-être et la productivité. »
Selon la discipline qui l’étudie, le stress peut faire l’objet de
définitions différentes, mais quelle que soit l’approche, les
définitions font toujours référence à trois composantes :
· des facteurs de stress ou situations de travail
contraignantes qui vont exposer la personne au stress,
· la personne qui va réagir à ce qui lui pose problème, à
la fois avec son corps et son psychisme,
· et des effets observables sur les comportements de la
personne ou sa santé et sur l’entreprise si la situation
concerne un nombre important de salariés.
Le stress au travail peut être défini comme un ensemble de
réactions physiques et émotionnelles dommageables qui se
produisent lorsque les exigences du travail ne correspondent pas
aux capacités, aux ressources ou aux besoins du travailleur.
Le stress au travail peut entraîner une dégradation de la
santé et même provoquer des accidents.
La notion de stress au travail est souvent confondue avec
celle de défi à relever, mais ces concepts ne sont pas les mêmes.
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Plus de Temps, Moins de Stress : L ivre Gratuit
STRESS au travail : Comment RÉSISTER
Un challenge nous stimule psychologiquement et
physiquement, et nous pousse à acquérir de nouvelles
compétences et à maîtriser notre emploi.
Quand un challenge est réussi, on se sent détendu et satisfait.
Ainsi, le défi est un ingrédient important pour la santé et la
productivité dans travail. L’importance de ce genre d’événement
dans la vie professionnelle est probablement ce qui fait dire à un
patron : « un peu de stress est bon pour vous ».
Mais la situation devient différente quand le défi se
transforme en mission impossible, que la relaxation a tourné à
l’épuisement, et que le sentiment de satisfaction s’est transformé
en sentiment de stress.
Bref, le décor est planté pour la maladie, la détresse
psychologique et l’échec professionnel.
Quelques chiffres en Europe et en
France
D’après la troisième enquête européenne sur les conditions
de travail, 28 % des salariés européens déclarent que leur
travail est source de stress. Les résultats des deux enquêtes
précédentes, réalisées en 1990 et 1995 (1), montrent une certaine
stabilité de ce pourcentage depuis 1995.
Hormis la partie française des enquêtes européennes, il
n’existe pas d’études françaises nationales spécifiques sur le stress
au travail.
Toutefois, les enquêtes périodiques « Conditions de travail »
(2) que réalise le ministère chargé du Travail, auprès d’un
échantillon représentatif de la population active française,
permettent de repérer des caractéristiques de travail
contraignantes et leur évolution au cours du temps.
On peut ainsi relever, à partir des trois dernières enquêtes,
les évolutions suivantes :
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Plus de Temps, Moins de Stress : L ivre Gratuit
STRESS au travail : Comment RÉSISTER
Certaines contraintes liées au travail s’aggravent
progressivement au cours du temps.
Ainsi, plus d’un travailleur sur deux travaille dans
l’urgence ;
Plus d’un sur trois dit appliquer strictement les
consignes ou reçoit des ordres contradictoires.
Pour un travailleur sur trois également, les relations
dans le travail sont source fréquente de tensions.
Enfin, le sentiment de responsabilité, vis-à-vis de son
travail, concerne de plus en plus de travailleurs.
(1) La Fondation Européenne pour l’amélioration des conditions de vie et
de travail réalise périodiquement une vaste enquête auprès d’un
échantillon représentatif de l’ensemble de la population active
européenne. En 2000, 21 703 travailleurs (1500 par état membre) ont
été interrogés dans le cadre d’entretiens, en tête-à-tête, en dehors de
leur lieu de travail.
(2) Enquêtes  » Conditions de Travail  » de la Direction de l’Animation de
la Recherche des Études et des Statistiques (DARES) de 1978, 1984,
1991, 1998.
Intensification du travail
Proportion de salariés qui déclarent … En 1991 En 1998
devoir fréquemment interrompre une tâche qu’ils sont en
train de faire pour en effectuer une autre non prévue
48 56
devoir souvent ou toujours se dépêcher – 52
ne pas avoir de collaborateurs en nombre suffisant 27 30
manquer de temps pour effectuer correctement leur
travail
23 25
Ces chiffres reflètent une augmentation de l’intensification du
travail depuis les années 1990. Plus de la moitié des salariés
français déclare, ainsi, travailler dans l’urgence.
Contraintes de rythme de travail
Proportion de salariés qui déclarent que… En 1984 En 1991 En
1998
leur rythme de travail est imposé par des contraintes
de cadence
5 8 10
leur rythme de travail est imposé par des normes ou
des délais inférieurs à l’heure
7 16 23
leur rythme de travail est imposé par une demande à
satisfaire immédiatement
28 46 54
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Plus de Temps, Moins de Stress : L ivre Gratuit
STRESS au travail : Comment RÉSISTER
De plus en plus de salariés perçoivent leur rythme de travail
comme contraignant. De plus une personne sur trois, en 1998, dit
se trouver dans l’impossibilité de faire varier les délais fixés pour
la réalisation de sa tâche.
Degré d’autonomie / de contrôle
En 1998, une personne sur trois déclare devoir appliquer strictement les consignes de
travail, même si, entre 1991 et 1998, l’évolution semble se faire vers une plus grande
marge de manoeuvre.
Relations de travail
Proportion de salariés qui déclarent … En 1991 En 1998
vivre souvent des situations de tensions dans leurs rapports
avec :
leurs collègues
leurs supérieurs hiérarchiques
le public

En 1998, les situations de tension avec les supérieurs
hiérarchiques sont plus fréquemment déclarées que les situations
de tension avec les collègues. Un travailleur sur trois se plaint de
tension avec le public (usagers, patients, voyageurs, clients, etc.).
Ordres contradictoires
Plus d’un tiers (35 %) de la population active française déclare, en 1998, recevoir des
ordres ou des indications contradictoires, ce qui est reconnu comme un facteur
stressant.
Sentiment de responsabilité
Proportion de salariés qui déclarent qu’une erreur dans leur
travail peut ou pourrait entraîner :
En 1991 En 1998
Des conséquences graves pour la qualité du produit ou du
service
60 65
Des coûts financiers importants pour l’entreprise 44 50
Des conséquences dangereuses pour leur sécurité ou celle
d’autres personnes
31 38
Des sanctions à leur égard (risque pour l’emploi, diminution
importante de la rémunération)
46 60
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Plus de Temps, Moins de Stress : L ivre Gratuit
STRESS au travail : Comment RÉSISTER
Entre 1991 et 1998, le sentiment de responsabilité tend à
augmenter : de plus en plus de salariés estiment qu’une erreur
dans leur travail peut ou pourrait avoir des conséquences
importantes pour eux, et/ou pour les autres, et/ou pour
l’entreprise.
Une histoire malheureusement fréquente…
David a tenu le plus longtemps possible. Pendant des
semaines, il a été en butte à des douleurs musculaires, perte
d’appétit, sommeil agité, et un sentiment d’épuisement
permanent.
Au début, il a essayé d’ignorer ces problèmes, mais par la
suite il est devenu tellement irritable que son épouse a insisté
pour obtenir un rendez-vous. Maintenant, assis dans le bureau du
médecin, il explique son cas : « Depuis la réorganisation,
personne ne se sent en sécurité. Les patrons attendent le même
rendement qu’avant, même si deux ouvriers sont maintenant
obligés de faire le travail de trois. Nous sommes tellement en
retard que les heures supplémentaires s’accumulent sans jamais
avoir le temps de récupérer. Le moral est si mauvais que tout le
monde va au travail en trainant les pieds et l’ambiance entre les
salariés n’a jamais été aussi mauvaise.  »
Quelles sont les causes du stress ?
Presque tout le monde admet que le stress professionnel
résulte de l’interaction du travailleur et de ses conditions de
travail. Les points de vue divergent, toutefois, sur l’importance
des caractéristiques des travailleurs contre les conditions de
travail comme la première cause de stress au travail. Ces
différents points de vue sont importants car ils suggèrent
différents moyens de prévenir le stress au travail.
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Plus de Temps, Moins de Stress : L ivre Gratuit
STRESS au travail : Comment RÉSISTER
Selon une école de pensée, les différences de
caractéristiques individuelles comme la personnalité et le mode
d’adaptation sont les plus importants pour prédire si certaines
conditions d’emploi se traduiront par le stress-en d’autres termes,
ce qui est stressant pour une personne peut ne pas être un
problème pour quelqu’un d’autre.
Ce point de vue conduit à des stratégies de prévention qui
mettent l’accent sur les travailleurs et les moyens de les aider à
faire face aux conditions de travail exigeantes.
Bien que l’importance des différences individuelles ne
puisse être ignorée, les données scientifiques montrent que
certaines conditions de travail sont stressantes pour la plupart des
gens.
La liste des facteurs professionnels exposant au stress est
longue et évolue en même temps que le monde du travail.
Plusieurs classifications ont été proposées. Le détail de chacune
des catégories peut varier d’une classification à l’autre, mais on
retrouve généralement cinq grandes catégories de facteurs
professionnels
Facteurs de stress liés au contexte
professionnel
Facteurs liés à la tâche, c’est-à-dire au contenu même du travail
à effectuer
· Fortes exigences quantitatives (charge de travail,
rendement, pression temporelle,
masse d’informations à traiter, …)
· Fortes exigences qualitatives (précision, qualité, vigilance,
…)
· Caractéristiques de la tâche (monotonie, absence
d’autonomie, répétition, fragmentation, …)
· Risques inhérents à l’exécution même de la tâche (ex :
erreur médicale fatale du chirurgien)
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STRESS au travail : Comment RÉSISTER
· Etc.
Facteurs liés à l’organisation du travail
· Absence de contrôle sur la répartition et planification des
tâches dans l’entreprise
· Imprécision des missions confiées (Qu’attend-on de moi ?
Comment dois-je m’y prendre ? Sur quelle base serai-je
évalué?
· Contradiction entre les exigences du poste (Comment faire
vite et bien ? Qui dois-je satisfaire : le client ou le respect
de quotas ? )
· Inadaptation des horaires de travail aux rythmes
biologiques, à la vie sociale et familiale
· Nouveaux modes d’organisation (flux tendu, polyvalence)
· Instabilité des contrats de travail (contrat précaire, soustraitance,
…)
· Etc.
Facteurs psychosociaux (liés aux relations de travail)
· Manque d’aide de la part des collègues et/ou des
supérieurs hiérarchiques
· Management peu participatif, autoritaire, déficient, …
· Absence de reconnaissance du travail accompli
· Etc.
Facteurs liés à l’environnement physique et technique
· Nuisances physiques au poste de travail (bruit, chaleur,
humidité, …)
· Mauvaise conception des lieux et/ou postes de travail
(manque d’espace, éclairage, …)
· Etc.
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STRESS au travail : Comment RÉSISTER
Facteurs liés à l’environnement socio-économique de
l’entreprise
· Surenchère à la compétitivité sur le plan national ou
international
· Mauvaise santé économique de l’entreprise ou incertitude
sur son avenir
· Etc.
Stress au travail et Santé
Le stress déclenche une alarme dans le cerveau, qui répond
en préparant le corps pour une action défensive. Le système
nerveux est éveillé et les hormones sont libérées pour aiguiser les
sens, accélérer le pouls, d’approfondir la respiration et les
muscles tendus.
Cette réponse (parfois appelée la réaction de combat ou de
fuite) est importante parce qu’elle nous aide à se défendre contre
les situations menaçantes. La réponse est préprogrammée
biologiquement. Chacun réagit de la même façon,
indépendamment du fait que la situation stressante est au travail
ou à la maison.
De courte durée, les épisodes de stress génèrent peu de
risque. Mais lorsque les situations stressantes se prolongent, le
corps est maintenu dans un état constant de surrégime, ce qui
augmente l’usure des systèmes biologiques.
En fin de compte, la fatigue et la tension permanente vont
nuire à la capacité du corps à se défendre lui-même. En
conséquence, le risque de blessure ou de maladie augmente.
Au cours des 20 dernières années, de nombreuses études se
sont penchées sur la relation entre le stress professionnel et une
grande variété de problèmes de santé. Les troubles de l’humeur
et du sommeil, les maux d’estomac et les maux de tête, les
difficultés relationnelles avec la famille et les amis sont des
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Plus de Temps, Moins de Stress : L ivre Gratuit
STRESS au travail : Comment RÉSISTER
exemples de problèmes liés au stress qui sont rapides à
développer et sont couramment observés dans ces études.
Ces premiers signes de stress au travail sont généralement
faciles à identifier. Mais les effets du stress au travail sur les
maladies chroniques sont plus difficiles à voir parce que les
maladies chroniques prennent beaucoup de temps à développer et
peuvent être influencés par de nombreux facteurs autres que le
stress.
Néanmoins, les preuves s’accumulent rapidement pour
suggérer que le stress joue un rôle important dans plusieurs types
de problèmes de santé chroniques, notamment les maladies
cardiovasculaires, les troubles musculo-squelettiques, et les
troubles psychologiques.
Stress et santé: Ce que nous dit la
recherche
Les mécanismes physiologiques (précédemment décrits) mis en
jeu pour faire face à une situation de stress peuvent être néfastes
pour l’organisme, dans certaines conditions.
Dans une situation stressante intense et prolongée, la sécrétion
des hormones activatrices (catécholamines et glucocorticoïdes)
est dérégulée. La personne, submergée par ces hormones,
activera de façon importante différents systèmes de l’organisme ;
cette hyper-activation entraînera en quelques semaines
l’apparition de symptômes divers :
Symptômes physiques
Douleurs (coliques, maux de tête, douleurs musculaires,
articulaires, etc.), troubles du sommeil, de l’appétit et de la
digestion, sensations d’essoufflement ou d’oppression, sueurs
inhabituelles, etc.
Symptômes émotionnels
Sensibilité et nervosité accrues, crises de larmes ou de nerfs,
angoisse, excitation, tristesse, sensation de mal-être, etc.
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Plus de Temps, Moins de Stress : L ivre Gratuit
STRESS au travail : Comment RÉSISTER
Symptômes intellectuels
Perturbation de la concentration nécessaire à la tâche entraînant
des erreurs et des oublis, difficultés à prendre des initiatives ou
des décisions, etc.
Symptômes comportementaux
Modification des conduites alimentaires, comportements
violents et agressifs, isolement social (repli sur soi, difficultés à
coopérer), etc.
Ces symptômes ont des répercussions gênantes qui amènent
les personnes à recourir à des produits calmants ou excitants
(café, tabac, alcool, somnifères, anxiolytiques, etc.)
Si la situation stressante se prolonge dans le temps et/ou
si elle est très intense, l’organisme s’épuise. Les différents
symptômes s’aggravent et/ou se prolongent entraînant des
altérations de la santé qui peuvent devenir irréversibles.
L’état de stress devient alors permanent et peut se
traduire par un « syndrome métabolique », association de
différents symptômes tels que l’obésité abdominale, la résistance
à l’insuline (qui peut évoluer vers un diabète), l’hypertension
artérielle, des perturbations du métabolisme des lipides. Ces
perturbations métaboliques sont, en outre, des facteurs de risque
pour le système cardiovasculaire.
Les relations entre certains facteurs professionnels de
stress et le risque d’accident cardio-vasculaire ont été très
largement étudiées : on a ainsi pu démontrer un risque accru de
maladies coronariennes et même de décès par maladies cardiovasculaires
chez des personnes exerçant une activité
professionnelle sans grande marge de manoeuvre. D’autres études
ont montré que l’association d’une forte demande psychologique
et d’un faible contrôle était liée à un risque de mortalité cardiovasculaire.
Ces études épidémiologiques présentent un grand
intérêt car elles sont longitudinales et permettent de suivre un
grand nombre de personnes (« cohortes ») pendant plusieurs
années. On peut par là même mesurer les facteurs de stress au
travail en amont des maladies, et les autres facteurs de risque des
maladies étudiées (tabagisme par exemple pour les maladies
cardio-vasculaires) sont mieux pris en compte.
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Plus de Temps, Moins de Stress : L ivre Gratuit
STRESS au travail : Comment RÉSISTER
La dépression et l’anxiété ont été largement explorées
dans des situations de stress au travail. Des études ont mis en
évidence qu’une forte demande psychologique au travail, associée
à une faible latitude décisionnelle et à un faible soutien social au
travail (manque d’aide ou de soutien de part des collègues ou des
supérieurs), étaient prédictifs de dépression, autant chez les
hommes que chez les femmes. Les problèmes d’anxiété sont
également plus fréquemment retrouvés en cas de situations
stressantes prolongées.
Les troubles musculo-squelettiques du membre supérieur
sont de plus en plus souvent rapportés à une combinaison de
risques : sollicitations biomécaniques au travail (résultant de
mouvements répétitifs), mais aussi manque de soutien social ou
insatisfaction dans le travail.
La diminution de la résistance aux infections ou
l’apparition de maladies immuno-allergiques telles que
l’asthme, la polyarthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux et la
colite ulcérative ont également été rapportés à des situations
stressantes prolongées. Toutefois les mécanismes en jeu ne sont
pas clairement identifiés.
D’autres pathologies ont fait l’objet de travaux mais les
résultats ne permettent pas de conclusions définitives. Il s’agit
de l’ulcère gastroduodénal, des colites fonctionnelles, du cancer,
des désordres hormonaux (de la thyroïde ou des sécrétions
androgènes ou oestrogènes) ou de certaines pathologies de la
grossesse (prématurité, infertilité).
Combattre le Stress
En application des principes généraux de prévention,
prévenir l’état de stress, c’est d’abord et avant tout promouvoir
au sein des entreprises des modes d’organisation qui ne soient
pas nuisibles à la santé physique et mentale des salariés. C’est,
autrement dit, « combattre le risque à la source ».
Les actions de prévention du stress au travail « à la source »
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Plus de Temps, Moins de Stress : L ivre Gratuit
STRESS au travail : Comment RÉSISTER
concernent l’organisation, les conditions de travail, les relations
sociales de travail, le poste de travail, etc. Il n’est pas possible de
dresser une liste complète et exhaustive de ce type de mesures.
Elles seront en effet déterminées au cas par cas, par les résultats
d’un diagnostic préalable. Néanmoins, les publications rapportent
des orientations préventives dont un aperçu est donné dans
l’encadré ci-dessous.
Quelques exemples d’actions possibles
-Adapter le travail demandé aux capacités et aux ressources
des employés (en tenant compte de leur âge, par exemple)
-Organiser le travail pour le rendre stimulant et donner
l’opportunité au personnel d’utiliser ses compétences
-Définir clairement les rôles et les responsabilités de chacun
-Donner la possibilité aux employés de participer aux décisions
et aux actions de changements qui affecteront leur travail
-Améliorer les communications et réduire les incertitudes, par
exemple en ce qui concerne les plans de carrière
-Permettre l’opportunité d’interactions sociales entre tous les
acteurs de l’entreprise
La prévention du stress au travail orientée vers l’amélioration
de l’organisation et des conditions de travail a des effets durables,
contrairement aux actions centrées sur le renforcement des
résistances de l’individu.
En effet, il existe d’autres approches pour lutter contre le stress au
travail, proposées dans la littérature et mises en pratique dans les
entreprises. Elles visent soit à stimuler la résistance des salariés
au stress, soit à éviter que l’état de santé des personnes déjà en
souffrance ne se détériore dramatiquement.
Renforcer la résistance au stress
des salariés
Les méthodes de gestion individuelle du stress supposent que
les émotions et le comportement humain sont influençables par
l’information et la prise de conscience. Selon l’INRS (Institut
National de Recherche et de Sécurité), si une personne modifie
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Plus de Temps, Moins de Stress : L ivre Gratuit
STRESS au travail : Comment RÉSISTER
son évaluation d’une situation jugée stressante et relativise son
incapacité à y faire face, ses réactions biologiques s’en trouveront
atténuées. Elles sont donc une aide précieuse lorsque le stress est
déjà présent.
Identifier la source du stress
Le stress peut avoir une origine relationnelle ou
organisationnelle. Si le plus souvent les victimes du stress se
plaignent d’une charge de travail trop lourde, il peut être en fait la
conséquence d’un manque de communication ou de
reconnaissance de son travail. Il faudra donc effectuer un travail
sur soi-même pour arriver à cerner l’origine du mal afin d’y
remédier efficacement.
Hiérarchiser les priorités
Le sentiment de stress peut provenir d’une mauvaise
organisation de son temps. Hiérarchiser, déléguer et programmer
permet d’atténuer le stress face à une situation d’urgence. Lorsque
plusieurs problèmes se présentent, il ne faut pas chercher à tout
résoudre en même temps, cela ne fait que renforcer la sensation
d’être débordé. Sans les mettre de côté ou les oublier, organiser
les tâches par ordre de priorité et par degré d’importance permet
d’être plus efficace et donc de limiter son stress.
Éviter le catastrophisme
Ce qui compte, ce n’est pas l’événement mais l’idée qu’on
s’en fait. Il faut savoir prendre du recul. D’un point de vue
comportemental, le stress provoque généralement le combat ou la
fuite.
Pourtant, on peut aussi exprimer sa colère sans attaquer, en
parlant calmement, sans brutalité. » On évite ainsi les décharges
d’émotions violentes, génératrice de stress. En établissant un
contrôle volontaire des effets du stress sur soi, on peut élever son
seuil de tolérance individuel.
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Plus de Temps, Moins de Stress : L ivre Gratuit
STRESS au travail : Comment RÉSISTER
Quoi qu’il en soit, garder confiance en soi et en ses
capacités, aborder les choses logiquement et calmement est le
meilleur moyen de dénouer des situations complexes sans se
mettre dans des états d’anxiété intense.
Pratiquer les techniques de relaxation
Elles peuvent être diverses : respiration contrôlée, yoga,
méditation, autohypnose… Ces techniques visent à soulager les
angoisses et les maladies psychosomatiques. On peut, par
exemple, prendre l’habitude de faire un exercice de respiration
abdominale pendant 5 à 10 minutes tous les jours.
A un niveau plus avancé, des cours de méditation ou de
sophrologie peuvent aider à extérioriser les tensions nerveuses.
Plus simple mais très efficace chez certaines personnes,
écouter quinze minutes d’une musique relaxante lors de la
coupure de midi ou en rentrant chez soi après sa journée de
travail. Il suffit alors de s’asseoir et ne rien faire d’autre
qu’apprécier le morceau de musique.
Adopter une bonne hygiène de vie
Au jour le jour, on peut se prémunir contre le stress en
adoptant une bonne hygiène de vie : faire du sport, bien manger,
dormir suffisamment…
De bonnes habitudes, qui, sur le long terme, renforceront
vos défenses face au stress. Il est évidemment déconseillé de
fumer ou de boire excessivement. Enfin, et c’est peut-être le plus
important, il est essentiel de cultiver les émotions positives en
vivant de bons moments, en riant et en s’entourant socialement.
Avoir des activités extérieures permet de partager son
investissement émotionnel et donc de contrebalancer l’importance
des événements générateurs de stress.